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HOMMAGE à JEAN LAISNE

1er juin 2017





à Jean Laisné notre ami



Double Cœur est en peine  devant la perte de l’un de ses administrateurs et surtout d’un grand ami fidèle.

Jean Laisné, musicien, compositeur, premier directeur de la musique à la Maison de la Culture de Bourges (de 1961 à 1969), compagnon de route de Gabriel Monnet, acteur de cette belle aventure de la décentralisation de l’action culturelle entreprise à cette époque.

Né le 30 mai 1932 à Fontenay le Comte, c’est à Bourges où ses parents sont enseignants, que Jean Laisné commence des études de piano à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse. Il est l’élève de Lucie Deslauriers à l’époque où Charles Brown en est le directeur. Grâce à cet excellent encadrement, il poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Paris où il a la chance de travailler avec le grand pianiste Yves Nat. Il complète ses humanités musicales en étudiant l’écriture  avec différents maîtres dont Henri Dutilleux.

Il débute comme pianiste, chef de chant à l’Opéra de Strasbourg ; après quoi, il se replie à Bourges en 1961, où il rencontre Gabriel Monnet qui, venant de créer la Comédie de Bourges, lui propose de réaliser la musique de scène de son premier spectacle « L’école des femmes » de Molière.

Il effectuera un parcours exceptionnel, devenant le compositeur attitré du Centre Dramatique National, ainsi que le directeur musical de la Maison de la Culture. Il assurera la mise en place de la discothèque de prêt, la programmation et l’organisation de concerts, ainsi que la conception de spectacles musicaux, etc…

Après la cassure de 1968, il se retrouve à créer l’Ensemble Instrumental de Grenoble où pendant 15 ans, il administre, dirige et contribue de nombreuses façons à la vie musicale de la ville, de la région et bien au-delà avec le chef d’orchestre Stéphane Cardon.

Sa carrière se poursuit à Paris : missions au Ministère de la Culture sous Jack Lang où il aide, entre autres, à la création de la fête de la musique.

Il intègre Radio-France, maison dans laquelle il occupera plusieurs postes : régisseur administratif de l’Orchestre National, responsable et animateur des Musiques du Monde O.C.O.R.A.

Avant de prendre sa retraite, il assure la transmission de l’Ensemble instrumental de Grenoble et les Musiciens du Louvre avec le chef d’orchestre Marc Minkovski.

Il se retire à Montélimar où il maintient des contacts productifs avec la vie musicale locale et décide de revenir à Bourges en 2005, auprès de ses amis qui ne l’ont pas oublié, et avec lesquels il poursuivra son implication au sein de Double Cœur.

Jean a beaucoup apporté musicalement aux habitants de Bourges et sa région, avec une journée chantante un dimanche par trimestre, qui rassemblait les différentes chorales à la Maison de la Culture pour donner un programme commun avec un orchestre professionnel qu’il dirigeait. Quelle chaleureuse sympathie il dégageait, toujours calme et souriant, prêt à faire découvrir et à porter la musique au plus haut.


Gabriel Monnet en 2003, dans le livre « Au cœur de la ville, au cœur du temps » que nous avons édité, écrivait à propos de Jean Laisné :

« Le sourire en personne. Pianiste de talent, improvisateur de nos impromptus, créateur de très belles musiques de scène….et « stratège ». Ouvreur des chemins de la musique au plus grand nombre. »

Nous sommes tristes, mais tu es toujours avec nous, présent à travers les différents enregistrements et dans nos souvenirs.

Jean Laisné repose à la maison funéraire des Danjons, Allée Evariste Gallois à Bourges (pompes funèbres Navault)

Jean sera inhumé samedi matin, dans la plus stricte intimité souhaitée par la famille.

Merci encore à toi, Jean, pour la richesse musicale et tous ces bons souvenirs que nous a offerts. Nous adressons nos plus sincères et chaleureuses condoléances à sa compagne et ses enfants.


     vos témoignages     





Piano de la promenade de ( L’école des femmes )
Première musique de scène de Jean Laisné a Gaby.

Pur chef d’oeuvre !Inoubliable…….

Monette , Sylvie et Jean-Claude Monnet .

***** o *****

Au revoir Jean .Notre amitié sincère et fidèle restera gravée dans nos coeurs ,comme ta musique pour l’éternité ,

ton ami et président de Double-Coeur François Carré .



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Cher François,

Le temps qui passe rend inévitable cette succession de nouvelles tristes, évocatrices de beaux moments de nos histoires, nostalgiques bien sûr.. Et je te remercie de te faire l'écho de ces souvenirs qui racontent de beaux moments, inventifs, généreux, de nos parcours.. Pour ma part, l'histoire de la Maison de la Culture de Bourges, de ce qu'elle a représenté, l'histoire de Gabriel Monnet, de ce qu'il m'a appris, cette histoire est fondatrice, inoubliable. Je vous suis reconnaissante de la maintenir vivante, et je regrette de ne pas pouvoir me retrouver plus souvent parmi vous.

Aussitôt que je le peux, je viens à Bourges participer à l'une de vos activités. En attendant, je pense à vous avec reconnaissance et affection. Et je t'embrasse fort.

Patricia Blot

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Chers amis,

    Je suis profondément émue, très triste, et présente mes sincères condoléances à Ninette, à ses enfants, à sa famille..

    Ma jeunesse a été marquée par la Chorale "A Coeur Joie" dirigée par notre ami Jean Laisné et que de merveilleux souvenirs, également par "l'Enfance du Christ" de Berlioz oeuvre jouée à la Maison de la Culture de Bourges et Jean était encore là. C'est aussi au cours de cette représentation que Micheline Grancher, chanteuse lyrique dans le rôle de Marie, a conduit mes pas sur le chemin des études de chant lyrique au conservatoire. Tout cela marque et construit une vie et, surtout, ne s'oublie pas.

    Au cours d'un dîner au Palais Jacques Coeur, il y a quelques années, j'ai remis à Jean un livret retraçant le parcours de la chorale avec toutes les coupures de presse que j'avais précieusement gardées. Sa surprise, son émotion, étaient belles à voir. Que de choses évoquées, de rires partagés.

    Le Livre de la Vie de Jean vient de se fermer mais le Livre des Beaux Souvenirs vient de s'ouvrir.

    Ma grande tristesse se joint à la vôtre.

    Arlette Pouillat-Girouille

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   Bonsoir à tous,



J'apprends avec peine le décès de Jean Laisné.



Mon humble témoignage sera sans doute bien maigre dans un océan de louange, mais je veux rendre hommage, tant d'années après l'événement, à celui qui fut, pour moi, le modèle du "management collectif"...comme on dit aujourd'hui!



Quelle année déjà..?. fin des années 60... des rencontres de chorales étaient organisées à Bourges et le point d'orgue, au bout de deux journées intenses de travail ensemble, éait prévu au grand théâtre de la Maison de la culture.



Jean Laisné était là, c'était lui qui animait ces volutes vocales... c'était magique! la petite jeune fille que j'étais buvait des yeux ce jeune chef d'orchestre, fiévreux et intouchable, qui tenait au bout de sa baguette tant de petits coeurs harmonieusement entremélés...le chant transporte! et des années après je ressens encore la chaleur et l'exaltation, je le revois...et le remercie pour avoir su traverser les années, intact dans l'émotion, l'admiration et le plaisir.



Jean, vous que je n'ai jamais osé appeler par votre prénom, je vous garde dans mon coeur, et je sais que je ne suis pas la seule.

Continuez à animer les choeurs des anges, et prévoyez quelques places pour les petites chanteuses de Bourges... A bientôt



Bien à vous tous



Anne-Lucie PINON – CLAUSSE

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Un très bel hommage pour une somptueuse carrière, il a rejoint le paradis des artistes et des musiciens.



ALINE MEILLAND



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nous avons partagé un grand beau moment ensemble,

dès 63 il me semble nous étions en duo pour la création et ouverture de

la discothèque de pret . le tout début au théatre municipal en atendant

l'ouverture de la mdc.

lplus le temps passe plus le temps parait se racourcire .

courage pour ses proches –



jean prot

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Toute ma sympathie à la famille de Jean Laisné et à ses amis . Je crois me souvenir qu’il était venu à Issoudun au moment des évènements de Mai 68… Qu’il soit dans la Paix, et que l’action à laquelle il a travaillé pour offrir les valeurs de la musique à un public qui n’y avait pas accès se poursuive. Amitié et sympathie à partager.



Anne- Marie GROLLEAU- Issoudun

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désolé pour la triste nouvelle, merci de bien vouloir transmettre nos condoléances

les plus sincères à la famille.

G Capazza

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HOMMAGE à RAYMOND ROVIRA (l'Homme qui marche)

8 septembre 2016


RAYMOND ROVIRA

L'HOMME QUI MARCHE



Notre cœur est triste de l’absence de notre ami Raymond Rovira, administrateur de Double-Coeur qui nous a quitté le premier jour de septembre.    Lors de la cérémonie qui s’est déroulée au crématorium de Bourges le jeudi 8 septembre à 10h30 nous lui avons rendu hommage par notre présence nombreuse et, également par la lecture du texte  suivant :


Il marche…. D’un pas lent, il marche à l’ombre des arbres d’un jardin extraordinaire –

Il croise des gens. Un vieil homme appuyé sur sa canne qui promène son chien – Une femme qui a mis son chandail et promène sa mélancolie – Un enfant qui promène une planche à roulette –

Lui, s’il marche, c’est pour promener son exil !

Nous ne nous croisons pas. Nous prenons le temps de nous arrêter et de parler un peu.

C’est à cela que je le reconnais. A sa façon de prendre son temps pour le consacrer à ses proches, à sa façon d’écouter l’autre, puis, de parler un peu, juste pour dire l’essentiel, juste pour dire l’évidence.

Je le reconnais en décelant à l’ombre de son chapeau le visage de celui qui conserve une certaine rugosité de la peau et la mâchoire serrée de ceux qui semblent chercher une issue de secours.

Je le reconnais à la lueur malicieuse dans ses yeux derrière ses petites lunettes cerclées, à ses traits d’ange déchu qui suggèrent à la fois beaucoup d’innocence et beaucoup d’expérience.

Je le reconnais aussi à cette élégance dans la fidélité qui est sa politesse du cœur à lui !

Je le reconnais comme on reconnait un frère !

Alors Raymond….. Ça va ?

Ça va toujours puisqu’à ses côtés, discrète et attentive, Marie-Jeanne est là ! On ne les imagine jamais l’un sans l’autre. Lorsque, très rarement il arrive que l’on croise l’un des deux et qu’il est seul, on a l’impression qu’il lui manque un côté et pour paraphraser une curieuse expression, Marie-Jeanne ne le suit pas comme son ombre mais elle le suit comme sa lumière

S’il marche, c’est pour prendre des chemins de traverse, sans jamais mettre ses idées dans sa poche, badge à la boutonnière, il fait la culture buissonnière : un pas de côté avec ses compagnons de route, le maquis dans la ville que l’on prend avec ses frères de lutte : Brigitte Christophe, Etienne, Catherine et Bernadette, Marie, Olivier et Franck, Odile, Christian, Daniel, Pascale, Alain, et Bernadette, et j’en aurais tellement d’autres à citer que, par l’artifice de la chanson de Brassens, il me suffit de dire « Jean-Pierre-Paul et compagnie, c’est sa seule litanie, son crédo, son confiteor aux copains d’abord »

  Alors Raymond….. Ça va ?

Il marche et fait le tour du Château d’Art. A chaque fois il repense à ce jour de février 2007. Il repense à l’infini travail d’Isabelle qui est exposé sur les murs de ce Château d’Eau – Il repense aux couleurs – comme UN CIEL DANS LE TAPIS  propres à aider Hervé à poursuivre le voyage doux de la vie comme un état d’urgence propre aux vrais artistes !

Au cours du vernissage de cette exposition, sa grande discrétion, qui est un peu sa marque de fabrique, le fait se tenir, un peu en retrait, un peu dans l’ombre, toujours avec, auprès de lui, son âme en double. Moi, je sais l’affection qui les relie tous les deux, à cette artiste, elle aussi, disparue trop vite.

C’est ce jour là, je me souviens, que nous nous rencontrons pour la première fois. Je fais quelques pas pour aller le saluer et nous ne faisons pas connaissance, mais plutôt, nous faisons reconnaissance ! Je le comprends plus tard quand je découvre la route qu’il a empruntée depuis son enfance pour accoster jusqu’à nous. Comme tous ceux qui empruntent la route de l’exil, ces migrants aux milliers de kilomètres pour fuir les dictatures, il espère seulement que nous ferons un pas, juste un pas dans sa direction.

En 1943 ses parents lui donnent la vie, la guerre d’Espagne, bien sûr, s’est terminée en 1939, mais ensuite, il y a eu le bombardement de Guernica par les avions de la Légion Condor allemande nazie et de l'Aviation Légionnaire italienne fasciste, en appui du coup d'État nationaliste contre le gouvernement de la Seconde République espagnole. Et lui, encore enfant, est entouré par les hommes et les femmes qui, eux, vont lui donner le jour, comme on donne la lumière. Ceux-ci, connaissent la répression sanglante qui frappe encore les anarcho-syndicalistes, les Républicains. Le rôle préféré des milices franquistes est de jouer aux assassins avec la bénédiction du fascisme militaire et du fanatisme religieux. Les Catalans sont alors d’un pays qui n’existe plus. Il faut prendre la route, franchir les Pyrénées, et demander asile à une République qui tente un peu de se relever. Il faut se réinventer de fond en comble.

« Com està  RAMON » – Maintenant il faut apprendre à dire « Comment ça va Raymond ? »

Il marche et, en même temps qu’il se réinvente un second peuple, il se compose une famille. Marie-Jeanne lui donne deux fils. Il faut travailler. Un bon signe : la Banque où il exerce est Populaire. De son poste,  il comprend déjà que le temps ce n’est pas, comme on dit, de l’argent. Le temps, il juge que c’est tout ce qu’il a à offrir aux autres…. Alors il le donne… gratuitement et sans compter, sans facturer des agios à l’amitié, sans s’attacher aux intérêts, sauf à un seul : celui qu’on nomme l’intérêt général. Et s’il faut faire des placements, pas besoin d’effraction pour accéder à son coffre à lui, celui qui bat constamment, sous sa poitrine, là, en haut, à gauche.

Mais il ne veut surtout pas aseptiser le passé pour continuer à vivre. Il marche, il avance. Je ne sais pas s’il entend cette phrase dans le discours de Camus, à Stockholm, mais je sais qu’il peut en partager le sens :

“Chaque génération, – nous dit Camus-, se croit sans doute vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.”

Il marche et pour empêcher, lui aussi, que le monde se défasse, pour tenter de reboiser un peu l’âme humaine, il s’engage, non pas pour le bonheur de tous, mais pour le bonheur de chacun. Ce que l’individu peut faire seul, peut paraitre dérisoire aux yeux de la triste boutique qu’on appelle la terre. Mais ne pas le faire c’est pire, car c’est renier ses convictions. Et lui, l’homme qui marche depuis son enfance, ne se renie jamais, sans concession, il ne renonce jamais. Sauver un homme, c’est déjà un peu sauver l’humanité. Alors sauver un arbre c’est déjà un peu sauver la forêt amazonienne. Et pour ces sauvetages là, il donnerait sa chemise. 

Avanzar compañero

Il marche et il perçoit des chants – ceux de Joan Manuel Serrat - El noi del Poble-sec – Il comprend que si sa langue maternelle renait c’est que son pays existe toujours ! Si les chanteurs catalans peuvent encore interpréter des textes de chansons aux thèmes très novateurs, touchant des sujets qui étaient interdits à l'époque : sexe, politique, corruption, répression, c’est qu’il peut à nouveau affirmer qu’il est  de deux pays et, citoyen du Monde.

Ça le rend curieux, avide de découvrir l’Art, sous toutes ses formes. Il marche et accélère le pas quand il s’agit d’aller au théâtre ou visiter une exposition. Il veut aimer et comprendre ce monde qui pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Il prend chaque année la route pour aller passer une folle journée à Nantes. Marie-Jeanne est, bien sûr, du voyage et ils retrouvent François et Claudine pour un repas à « La Cigale » avant d’aller au concert. En sortant, il revoit son compatriote dont la statue contemple le port de Barcelone. Le destin de Christophe Colomb était de s’embarquer pour découvrir l’Amérique.  Son destin, à Raymond, c’est de prendre la route, et de découvrir la Musique.

A Bourges, les soirées Double-Cœur lui donnent l’occasion de suivre les rencontres poétiques, les lectures. Il n’en rate pas une et adhère à l’Association. Mais pour lui, adhérer est un mot qui doit trouver tout son sens. Il ne se contente pas de prendre sa carte et de régler sa cotisation. Il veut partager le travail des bénévoles et rejoint notre Conseil d’Administration. 
Apparait-il comme un homme cultivé ? Sans doute ! Ou disons comme un homme qui aime la culture quand celle-ci permet la rencontre, le débat, la contradiction. Il aime la culture qui interroge et qui ne se soumet pas à un slogan répandu par quelques experts en mal de notabilité. Il aime la culture quand elle est populaire et accessible au plus grand nombre et ne juge pas de la qualité d’une œuvre en proportion du montant des subventions qu’elle rapporte.

Alors, forcément, lorsqu’il repère sur sa route, des partisans de la pensée unique qui deviennent des censeurs pour ceux qui ne pensent pas comme eux, quand il voit à quel point la parole citoyenne peut être confisquée par ceux qui ont le monopole de l’information, il dénonce, il interpelle, il rédige, il se mobilise, en un mot il s’indigne et il marche jusqu’à Séraucourt qui devient alors pour lui : « La purta del Sol des indignés ».

« La pensée paresseuse est le commun de toutes les théories totalitaires », nous dit le philosophe Boris Cyrulnik, et ceux qui la préfèrent, lui reprochent cet engagement le trouvent insolent, impertinent. Ils n’ont donc pas compris qu’il était seulement merveilleusement lucide, naufragé, mais pas solitaire, sur l’ile de la solidarité. Cette ile – comme dit Ferré « où n’abordent jamais les âmes des bourreaux ».

En janvier dernier, je dis dernier, parce que c’est le dernier pour lui, mais il ne le sait pas, nous mangeons la galette des rois après la lecture des textes de Pierre Desproges et il me dit….. « Ça nous manque aujourd’hui des esprits libres comme le sien ».

C’est vrai que dans sa longue marche,  il fait souvent preuve d’humour, qui, comme le disait Boris Vian, « est la politesse du désespoir. » Dans l’humour de Raymond, il y a du tragique ; mais c’est un tragique qui travaille sur nos espérances, pour en marquer la limite ; qui travaille sur nos déceptions, pour en rire ; qui travaille sur nos angoisses, pour les surmonter.

Au printemps dernier, je dis dernier, parce que c’est le dernier pour lui, mais il ne le sait pas, il est toujours avec nous pour écouter les comédiens de « l’oreille qui voit » et partager « le parcours de Charly ». Un autre partage, tout aussi important pour lui, ce sont les bons moments des agapes d’après spectacle, passionné qu’il est par la rencontre avec les artistes ! Mais, lorsqu’arrive fin mai, il n’est pas certain de pouvoir venir écouter Apollinaire. Il est fatigué nous dit Marie-Jeanne, mais personne ne peut imaginer une seconde que la maladie, fait, depuis si longtemps déjà, sa sinistre besogne. Il lui restera juste trois mois, c’est si court…. encore quelques mètres à marcher et puis……….
 Jeudi matin la triste nouvelle tombe. Une disparition si soudaine, si brutale, si inattendue. De toutes les injustices qu’il aura eu à vivre, celle-ci persistera la plus cruelle !

Vendredi, nous adressons un communiqué à tous les adhérents de l’Association et recevons de très nombreux messages où la tristesse fait corps avec la compassion pour la famille.

La famille de l’humaniste qu’était Raymond. La famille de l’ami qu’était Ramon.

Dans la voix de Marie-Jeanne qui me téléphone il y a du chagrin retenu quand elle me dit « Raymond, il ne faisait pas de grands discours, ce n’était pas un causeux, mais on ne peut tout de même pas le laisser partir sans un mot » et dans la voix de Jérôme, il y a de la hauteur quand il me confie « La famille a souhaité que l’avis de décès qui paraitra dans le journal de samedi, soit intitulé BOURGES-BARCELONE ».

Ironie du destin, c’est la seule fois où une publication respectera au mot près, le communiqué adressé.

Aujourd’hui, une longue semaine après son départ, j’aurais voulu trouver les mots justes pour vous parler d’un homme simple. J’aurais voulu trouver les mots simples pour vous parler d’un homme juste. J’aurais voulu vous dire – mais vous le savez bien -  l’espace qu’il ne cessera d’occuper dans nos têtes et dans nos cœurs :

·        Un espace fait de mots, de musiques et de couleurs pour ses amis de Double-Cœur,

·        Un espace fait de sympathie et de respect pour ses anciens collègues de travail,

·        Un espace boisé et remarquable pour ses amis des luttes,

·        Un espace d’amour pour sa famille.

Et dans quelques minutes lorsque, pour l’adieu, nous nous approcherons de ce cercueil dans lequel la maladie l’a étendu et que nous nous retrouverons en tête à tête avec nous-mêmes, pensons à tout ce temps, ce temps qui, pour lui s’est arrêté, tout ce temps qu’il nous a donné, tout ce temps qui aurait pu être le sien mais qu’il préférait nous consacrer, et…. ce temps-là, engageons nous à en réaliser, pour lui,  quelque chose d’utile. Ce sera la meilleure façon de lui rendre hommage et de se dire que Monsieur Raymond Rovira, ce marcheur infatigable de la vie, cet homme libre et généreux  demeurera toujours parmi nous, et dans nos mémoires, un homme debout.





ALAIN MEILLAND  8 Septembre 2016.


HOMMAGE A GABRIEL MONNET Gaby le Magnifique

12 décembre 2015




GABRIEL MONNET

GABY LE MAGNIFIQUE





Si près, pourtant, des fêtes de fin d’année nous avons conscience de vivre des heures sombres, car comme l’écrivait Berthold Brecht dans La Résistible Ascension d'Arturo Ui 

«Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde ».



Nous voudrions, que le message traditionnel de vœux pour  2016, soit, cette année, une pensée de résistance et de fidélité à nos valeurs républicaines.



A vous tous, adhérents et fidèles amis de Double cœur(1)  , qui avez été très nombreux, au cours de ce dernier trimestre 2015, à marcher avec nous sur « les pas d’Audiberti », (2)  à cheminer en notre compagnie « sur les traces de Nazim Hikmet » (3)  ,  à avancer « Dans la lumière de Jean Zay » (4)   guidés par les « carnets de voyage de Philippe Avron » (5)  , nous souhaitons que l’année qui vient soit, pour vous et vos proches, une année de paix, de fraternité et de respect.



Parce que notre Association a toujours estimé que les symboles nous permettent de réinterpréter le monde, nous avons, symboliquement choisi de vous adresser ce message :

aujourd’hui, samedi 12 décembre 2015.



Il y a en effet cinq ans, jour pour jour que, Gabriel Monnet s'est éteint.



C’est pourquoi nous avons eu envie de vous offrir, ces images de la Comédie et de la Maison de la Culture de Bourges dont il assura, à sa création, la direction.



Nous voudrions également partager avec vous quelques extraits du


paru au lendemain de sa disparition :



« Il était l'une des autorités morales de la décentralisation et avait été l'un de ses plus grands animateurs, à Bourges, à Nice, à Grenoble. Il était aussi comédien, ami idéal, amateur de bons vins et exceptionnel passeur de poèmes. .  …/…

Il cultivait son jardin. Vraiment. Il surveillait avec un émerveillement d'enfant la montée de la sève, l'épanouissement des jeunes pousses, l'éclosion des fleurs. Il avait fait cela toute sa vie, n'ayant jamais conçu son métier de vivre sans une volonté profonde de transmission. Il avait toujours aimé la jeunesse et a des enfants de théâtre dans bien des contrées de l'étrange pays.

Il était tendre comme un éternel enfant et rugueux comme un bel arbre. Quand on pense à lui on pense à René Char, à Paul Veyne. Aux grands esprits, aux âmes fortes.

Il s'est envolé. A 89 ans, dans la pleine lumière de son intelligence et de sa générosité. On l'appelait Gaby dans son cœur, mais Monsieur Monnet quand on croisait son chemin car il impressionnait, son parcours impressionnait.  …/…

Les rôles, les mises en scène se comptent par dizaines et dizaines...Il donnait a ses personnages son humanité profonde et à ses mises en scène sa lucidité sans faiblesse. Gaby, grand modèle et diseur de poèmes comme il en était peu... »



.

(1)  Créée en 2002 dans le but essentiel de conserver et de transmettre le patrimoine de la Décentralisation culturelle dans l’esprit de ses fondateurs et grâce à la fidélité de plus de 160 adhérents Double-Cœur est devenue, au fil des années, un espace de rencontres, de créations, de partages, d’échanges, de débats… comme en témoignent toujours les récentes réalisations présentées au cours du dernier trimestre 2015 :

(2)  « Sur les pas de mon père – Promenade Jacques Audiberti » le 13 octobre 2015 au Palais Jacques Cœur avec Marie Louise Audiberti et Florence Huige

(3)  « Sur les traces de Nazim Hikmet » » le 17 novembre 2015 au Palais Jacques Cœur avec Aristide Démonico et Yannick Thépault.

(4) « Dans la lumière de Jean Zay » le 2 décembre 2015 à l’I.N.S.A. de Bourges avec Marieke Aucante, Jean-Paul Hemmer, Dominique Martinez, Alain Meilland et Alain Pennetier

(5) « Hommage à Philippe Avron » le 8 décembre 2015 au Palais Jacques Cœur à Bourges, avec Lazare Herson-Macarel et Jean-Gabriel Carasso.

(6)  « Gabriel Monnet, Gaby le magnifique, salut ! » Par Armelle Héliot le 13 décembre 2010 sur « Le Grand Théâtre du Monde » voir le texte intégral en cliquant sur

http://blog.lefigaro.fr/theatre/2010/12/gabriel-monnet-gaby-le-magnifi.html

TEMOIGNAGES

reçus après la publication de

GABY LE MAGNIFIQUE




1/ du monde professionnel :

Cher Président, chers amis



Très touché par l’expression de ces vœux en mémoire de Gaby, celui qui fut un mentor lors de ma nomination comme Instructeur d’art dramatique à la jeunesse et aux sports en 1956.

Celui qui, plus tard, devint un estimé collègue et un ami fidèle, moi-même devenu directeur de la maison de la culture du Havre puis de celle de  La Rochelle.

Avant de manquer perdre mon âme au service du cinéma et de  la télévision !

Une alternative qui me permit cependant de rencontrer Gaby une dernière fois le 25 novembre 2001 à Bourges, pour la commémoration du centenaire de la naissance de Malraux,

et un spécial Bouillon de la culture avec Bernard Pivot, produit par ma société à la demande de Catherine Tasca.

Au cours d’une intervention, je n’ai pas manqué de rappeler les propos, d’anthologie, de Gaby, jamais oubliés  au fil de mes responsabilités (culture, télévision) dans plusieurs villes de France : “ Il y a, dans la rencontre entre le poète et l’élu, le seul créateur attendu par notre époque !”. Pas facile à mettre en œuvre, mais quand ça marche, ça marche !



Aujourd'hui, poésie et culture, plus que jamais nos armes contre l’obscurantisme, le racisme, l’exclusion, le fanatisme !



Bon courage, amis,

Que 2016 vous soit une bonne année :

À double cœur rien d’impossible

N’est-ce pas ?



Bernard Mounier ancien directeur de la Maison de la culture du Havre,



********** ° **********

Monsieur le Président, cher François,

 Je te remercie d'avoir pris l'initiative de marquer le 5 ème  anniversaire "de la sortie de scène de Gaby ". Ton message nous a plongé dans les souvenirs fraternels de notre jeunesse et de la genèse de notre vie d'homme et d'artiste?! Au cœur de ces apprentissages il y a  Gaby . Inoubliable. Texte et images se répondaient sur la carte du tendre!! Deux grands mercis à  toi qui conduis des initiatives qui doublent notre plaisir.

Marcel  Guignard. Ancien comédien de la Comédie de Bourges

********** ° **********

Cher François Carré,

Merci de m'adresser les infos de Double Cœur. Je trouve remarquable que vous gardiez vivante la mémoire de la décentralisation et des artistes qui l'ont marquée.

Pour nous, à Annecy, ça s'avère difficile. Comme si les professionnels et les politiques d'aujourd'hui n'avaient pas besoin de mémoire.



Daniel Sonzini premier directeur du Centre d’Action Culturelle puis Scène nationale de BONLIEU – ANNECY -



********** ° **********



Bonjour François Carré,



Je profite de la période des vœux pour vous remercier de l’hommage plus que mérité rendu à Gaby Monnet.

Vous êtes les seuls à y avoir pensé, ça fait chaud au cœur.

La mémoire de Gaby n’a pas effleuré la pensée des édiles d’Annecy, à commencer par le directeur de Bonlieu Scène Nationale qui n’en a rien à faire : le nom de la salle de création Gaby Monnet est quasi ignoré.

Un grand MERCI du fond du cœur, et tous mes vœux pour que Double Cœur poursuive son action de mémoire et de création.

Je vous souhaite une année 2016 pleine d’activités et de dynamisme.

Très cordialement



Michel Odesser  animateur d’atelier pédagogiques d’histoire (ANNECY)





********** ° **********



Merci à toi, mon cher François d’écrire ce que tu écris et de me le faire parvenir.

Et aussi de m’avoir fait connaître ce beau texte d’Armelle Héliot.

Je suis content de notre soirée Hikmet et très heureux de te retrouver un peu plus et une peu mieux chaque fois.

Je t’embrasse,



Aristide Démonico Comédien Metteur en scène



2/ des adhérents et amis de Double Cœur :




Merci François, merci Alain. La mémoire subsiste pour certains, heureusement. Amitiés à tous,

Raymond Rovira

********** ° **********

Merci pour ces vœux...et pour l'évocation de ce grand homme que fut Gabriel Monnet. Il restera à jamais chéri par nos mémoires.

Belles fêtes à tous les amis de Double-Cœur,

   Michel Marc

********** ° **********

Bel hommage à celui qui aura consacré sa vie au théâtre et au public. Il le mérite. Respect Monsieur Monnet on ne vous oubliera pas.  

Aline Meilland

********** ° **********

Bonjour et merci, merci pour ce bel hommage !



Bernadette Déprez

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Merci beaucoup de votre beau texte...

Marie-Thérèse Oliva.

********** ° **********

Merci beaucoup pour ces images 

Maryse Radoux,






















HOMMAGE à FLORENCE-PATITUCCI-PATIENT

26 juin 2016







DOUBLE CŒUR PERD UNE AMIE
Florence Patitucci-Patient.

Nous avons la tristesse de vous informer du décès de notre amie Florence Patitucci-Patient survenu le vendredi 24 juin. 

Au nom de l’Association Double Cœur, nous vous adressons le communiqué suivant :

Florence vient de nous quitter pour rejoindre son compagnon Georges Patitucci disparu il y a maintenant neuf ans.  Artiste peintre et ancien graphiste de la Maison de la Culture et de la Comédie de Bourges,  à l’origine du projet du livre « Au Cœur de la Ville, au Cœur du Temps » Georges avait grandement inspiré la création de notre Association dont il fut l’un des membres fondateurs.



Née le 28 juin 1951, Florence-Patitucci-Patient s’est éteinte ce vendredi 24 juin 2016 dans sa soixante cinquième année des suites d’une longue maladie. Agent du patrimoine à la Bibliothèque des Quatre Piliers à Bourges, elle partagea sa vie avec Georges tout en lui apportant un important soutien dans son travail de créateur ;

Membre fidèle de notre Association, Florence suivait régulièrement nos activités et a mis à notre disposition de nombreux documents que possédait Georges enrichissant ainsi nos archives et notre travail sur la mémoire culturelle de Bourges ;

Merci et au revoir Florence !

A sa maman, Marthe Patient, qui fut costumière à la Comédie de Bourges, ainsi qu’à toute sa famille, l’équipe de Double Cœur adresse ses très sincères condoléances.

Les obsèques de Florence Patitucci-Patient se dérouleront

Le jeudi 30 juin 2016 à 15 h 00

En l’Eglise Saint-Henri

Rue Marcel Haeglen à Bourges




Président de l’Association

Et toute l’équipe du Conseil d’Administration